
Le seul parti outremontais
Le Conseil à la dérive
Quand le religieux s’invite dans nos règlements de stationnement
Séance du Conseil du 10 mars 2026: D’entrée de jeu, la mairesse Caroline Braun a avoué avoir reçu de nombreux courriels de citoyens préoccupés par l’introduction du religieux dans nos règlements. Il faut savoir que le Conseil avait annoncé vouloir exempter du règlement de stationnement des jours de fêtes juives. D’abord, elle écarte le jugement de 2003 qui avait traité de la question en disant que cette cour municipale n’existe plus (!), que le jugement a été livré verbalement et qu’elle n’a qu’une transcription maison en main. De toute évidence, ce jugement, qui ne considère pas le stationnement parmi les accommodements religieux, vient à l’encontre d’une promesse faite par la nouvelle administration Ensemble-Montréal au lobby hassidique derrière des portes closes. Ce jugement n’a jamais été porté en appel par les hassidim. Ou bien les fautifs avaient décidé de se conformer aux règlement ou ils évaluaient nulle leur chance de remporter cette bataille juridique aux autres instances. Pour lire le jugement: Jugement stationnement vs droit à la liberté de religion – Parti Outremont
Après avoir fait fi des arguments légaux pouvant contrevenir à sa décision, Caroline Braun soutient qu’il y a aussi des congés pour les catholiques au règlement. En fait, les exemptions actuelles au règlement de stationnement sont les jours fériés pour lesquels tous les services de la Ville sont fermés. Le stationnement interdit pour l’entretien de la voirie ne s’applique pas aux dates suivantes :
-1er et 2 janvier;
– le lundi de Pâques;
– la fête de Dollard (journée nationale des patriotes);
– le 24 juin;
– le 1er juillet;
– le 1er lundi de septembre, fête du travail;
– le 2e lundi d’octobre, Action de grâce;
– les 24, 25 et 26 décembre;
– le 31 décembre.
Parmi ces dates, si on tient vraiment à identifier des congés religieux, seuls 3 jours fériés correspondent à des fêtes catholiques (Pâques, Action de grâce, 25 décembre). Considérant que l’interdiction de stationner pour le balai s’applique du 1er avril au 30 novembre, 2 congés fériés « catholiques » sont susceptibles d’entraver le passage du balai, soit le lundi de Pâques (entre le 22 mars et le 25 avril) et l’Action de grâce en octobre. Par contre, le balai ne passera pas de toute façon puisque que ce sont des jours fériés.
Impact sur la propreté de l’arrondissement
Les nouvelles exemptions pour les fêtes juives, qui n’ont aucune base légale et ne justifient pas la suspension de l’application des règles visant l’entretien de la chaussée, sont:
– 2, 3, 8 et 9 avril 2026;
– 21 et 22 septembre 2026.
Alors que le Québec se veut de plus en plus une société laïque et que la Ville nous promet une ville plus propre, voilà 6 jours susceptibles d’entraver le passage du balai pour des raisons strictement religieuses. Pour se déresponsabiliser de cette décision, Caroline Braun nous dit que ces exemptions religieuses ont été faites par le passé et que ce n’est pas nouveau.
À bout d’arguments, Caroline Braun conclue qu’elle veut tendre la main et travailler avec le lobby hassidique pour une meilleure cohabitation sociale et un rapprochement. Pourtant, elle affirme que ces passe-droits ont eu cours depuis des années. Alors, qu’avons-nous eu en échange collectivement durant toutes ces années à la suite de tous ces assouplissements?
Tel que souligné par Pierre Lacerte lors de la réunion du Conseil: Comme l’a déjà écrit le journaliste Michel C. Auger, le 22 janvier 2007, « Ne pas donner de contraventions à la communauté hassidique le jour du sabbat, c’est peut-être politiquement rentable pour le maire de l’arrondissement d’Outremont, mais ce n’est pas un accommodement raisonnable. C’est un privilège, ce n’est pas pareil.» Eh! Non. Ce n’est vraiment pas pareil.
Alors si vous partez en voyage cette année et que vous ne pouvez déplacer pas votre véhicule pour le passage du balai, aurez-vous également ce privilège?
La mairesse Caroline Braun veut acheter la paix par des passe-droits aux dépends de la collectivité.
Au final, le conseil d’arrondissement a voté en faveur à l’unanimité, sans aucune discussion.
